Projet eurolije

En 1978, François Richaudeau signait un article intitulé « Du livre de poche à la crise de la lecture ». Un an plus tard, l’expression était reprise dans le titre d’un ouvrage de Bernadette Bricout, Les Adolescents et la crise de la lecture. Quarante ans plus tard, le constat est presque devenu lieu commun. La volonté qui anime les enseignant·e·s-chercheur·se·s réunis au sein du projet « eurolije » est de refuser de céder à la déploration, d’une part pour interroger les pratiques culturelles réelles des jeunes, d’autre part pour analyser les formes prises par la médiation pour le livre, la lecture et la littérature pour jeunes publics, dans les institutions publiques (écoles, médiathèques), comme dans la société civile (associations) ou le monde économique (maisons d’édition, librairies).

Notre conviction est que cette analyse ne doit pas se limiter aux contours de la France mais porter sur l’Europe, en tant qu’entité géographique et culturelle. La civilisation européenne repose en effet sur un rapport privilégié à l’écrit : lire un texte, c’est s’en nourrir, le faire sien, en établir le sens ; c’est aussi entrer en relation avec autrui, participer à l’élaboration d’une culture européenne commune. Les différents pays européens, confrontés aux évolutions technologiques et à la transformation des comportements culturels, tentent tous de réagir à cette crise de la lecture et affichent des préoccupations communes. Le rapport Eurydice sur les pratiques d’enseignement de la lecture en Europe (publié le 11 juillet 2011) le confirme. Il met l’accent sur l’apprentissage coopératif, la présence des spécialistes de la lecture au sein des écoles et l’élaboration de programmes destinés aux groupes susceptibles d’être confrontés à des difficultés en lecture.

Ce projet résulte d’une double conviction :

– celle que les partenariats fructueux dans le domaine ne peuvent s’établir que sur la base d’une meilleure connaissance réciproque des acteurs. En 2019, le dialogue entre professionnels nous parait plus que jamais à l’ordre du jour, recherche et exercice professionnel ayant tout intérêt à s’articuler dans un secteur de création et de diffusion du livre qui représente un fort enjeu pour l’éveil des sensibilités, la formation des représentations, et la réflexion d’un jeune lectorat d’où seront issus les citoyens de demain.

– celle aussi que de nombreuses initiatives existent dans le domaine des médiations autour du livre jeunesse, qui gagneraient à se diffuser tandis que d’autres, parfois répandues, mériteraient d’être réinterrogées.

L’enjeu du projet eurolije est triple :

– faire un état des lieux des pratiques existantes en Europe dans les différents champs professionnels (école, bibliothèque, édition, librairie, association) ; tenter de les catégoriser mais aussi de reconstituer leur histoire (en fonction de cultures nationales ou transnationales).

– étudier la corrélation de ces pratiques contemporaines avec des objets spécifiques, avec la nature des acteurs qui y recourent mais aussi avec les types de publics concernés.

– diffuser à destination des médiateur·rice·s ces analyses et ces éclairages concernant les pratiques de médiation afin de participer à leur formation et de leur permettre de développer un rapport réflexif à leurs pratiques.

Équipe

Lydie Laroque

Lydie Laroque est maitresse de conférences en langue et littérature françaises à l’ESPE de Versailles (Université de Cergy Pontoise). Elle dirige le Master MEEF Pratiques et ingénierie de la formation – Littérature de jeunesse : formations aux métiers du livre et de la lecture pour jeunes publics de l’ESPE de L’Académie de Versailles.

Elle y intervient en tant que formatrice. Elle enseigne également dans le master MEEF-1 (professeurs des écoles) de l’ESPE de L’Académie de Versailles.

À l’Université de Cergy-Pontoise, sa recherche s’inscrit au sein du laboratoire École, mutations, apprentissages.

Ses travaux de recherche portent essentiellement sur la littérature de jeunesse, la didactique de la littérature et les mythes bibliques. Ils visent à articuler des problématiques littéraires (autour notamment du mythe et de la fiction historique) avec des questions éducatives comme les valeurs, l’éthique, l’inclusion, la médiation.

Lydie Laroque est aussi membre du comité de lecture de la revue Carrefours de l’éducation, du comité de rédaction de la revue Le Français aujourd’hui, membre de l’Association française pour l’enseignement du français, membre de l’Association internationale pour la recherche en didactique du français et membre du bureau de l’association Lecture jeunesse.

Dernières publications

Lydie Laroque, « La Figure de la délinquante dans le roman européen pour adolescents du XXIème siècle », in revue Éducation comparée volume 20, « Mauvaises filles en littérature de jeunesse. Éducation et rééducation en questions », 2018.

Lydie Laroque, « L’évolution du mythe de Jonas dans la littérature d’enfance et de jeunesse », in revue Les Cahiers Robinson n° 44, « Bible et littérature de jeunesse », Arras, Presses universitaires d’Artois, 2018.

Dernières publications et communications en littérature de jeunesse

Virginie Tellier, « Casse-noisette de Tchaïkovski : une œuvre patrimoniale pour l’enfance », Cahiers d’études nodiéristes n° 8 : La littérature de jeunesse à l’époque romantique : une littérature européenne ?, dir. Caroline Raulet-Marcel et Virginie Tellier, Classiques Garnier, 2019.

Virginie Tellier, « Scouts et pionniers : la communauté dans la littérature de jeunesse des années 1930, en France et en Russie », Communitas, les mots du commun et de la communauté, Congrès de la SFLGC, Université de Cergy-Pontoise, 15 novembre 2018. À paraitre.

Virginie Tellier, « D’Une petite ville dans une tabatière au Cosmorama d’Odoïevski : écrire pour les enfants et les adultes en Russie à l’époque romantique », Écrire pour les adultes, écrire pour les enfants : continuités, ruptures, spécificités, journée d’études organisée par Marion Mas et Anne-Marie Mercier, ESPE de Lyon / IHRIM (Lyon), 20 juin 2018. À paraitre.

Virginie Tellier

Virginie Tellier est maitresse de conférences en langue et littérature françaises à l’ESPE de Versailles (Université de Cergy Pontoise). Elle intervient comme formatrice au sein du Master MEEF Pratiques et ingénierie de la formation – Littérature de jeunesse : formations aux métiers du livre et de la lecture pour jeunes publics de l’ESPE de L’Académie de Versailles.

À l’Université de Cergy-Pontoise, sa recherche s’inscrit au sein du laboratoire École, mutations, apprentissages.

Ses travaux de recherche abordent la littérature de jeunesse dans une double perspective historique et comparatiste. Ils portent sur l’histoire des littératures et cultures de jeunesse en Europe, en la confrontant à l’histoire de l’éducation et des mentalités. Ils s’intéressent également aux transferts culturels entre aires linguistiques et entre médias. Enfin, ils visent à développer la médiation des littératures étrangères, notamment dans le cadre de la didactique de la littérature comparée.

Virginie Tellier est également membre du comité de direction des Cahiers d’études nodiéristes (Classiques Garnier) et de la Société française de littérature générale et comparée, où elle participe au groupe de réflexion sur la place de la littérature comparée dans l’enseignement secondaire.

Marion Mas

Marion Mas est maitresse de conférences en littérature et langue françaises à l’ESPE de Lyon. Elle intervient comme formatrice dans le master MEEF.  Ses recherches s’inscrivent au sein de l’IHRIM (Institut d’Histoire des Représentations et des Idées dans les Modernités) où elle coordonne le groupe de travail « Fablijes 18/21 » (Fabriques des littératures de jeunesse, XVIIe-XXIe siècles). Ses travaux portant sur la littérature de jeunesse privilégient une approche historique et sociocritique. Ils s’intéressent tout particulièrement aux mises en texte (et en jeu) des normes et du discours éducatif.

Elle chronique également régulièrement des ouvrages de littérature de jeunesse contemporaine pour le site Li&Je.

Dernières publications en littérature de jeunesse

« Introduction », Écrire pour les adultes, écrire pour les enfants : continuités, ruptures, spécificités, Marion Mas et Anne-Marie Mercier (dir.), à paraître aux éditions Classiques Garnier. « L’héritage des genres populaires dans Les Six compagnons de Paul-Jacques Bonzon », Colloque « Littérature de jeunesse et enseignement de la littérature. Les compagnons de la Croix-Rousse : qu’est-ce qu’une série culte ? », 14-15 juin 2016, ESPE de Lyon/IHRIM, à paraître.

Dernières publications

Christine Boutevin, « Une artiste, chanteuse et poète dans la classe maternelle pour quoi faire ? », Le Français aujourd’hui, 206, 2019 (à paraître)

Christine Boutevin, Livre de poème(s) et poème(s) en livre pour la jeunesse aujourd’hui, Pessac, Presses universitaires de Bordeaux, 2018.

Christine Boutevin, « « Étranges, étrangers », la figure de l’exilé dans la poésie à destination des enfants et la question des valeurs », Klesis, 38, 2017, pp. 107-121. 

Christine Boutevin

Christine Boutevin est maitresse de conférences en langue et littérature françaises à la Faculté d’éducation de l’Université de Montpellier. Ses recherches s’inscrivent au sein du LIRDEF (Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche en Didactique, Education et Formation). Ses travaux portent sur la poésie pour l’enfance et la jeunesse et plus généralement sur la littérature à destination des enfants. Ils articulent objets littéraires, y compris numériques, et éducation (didactique de la littérature et médiation) en prenant en compte les théories du sujet lecteur et l’interdisciplinarité avec les arts plastiques et visuels.

Elle intervient au niveau licence où elle anime des ateliers d’écriture ainsi que dans le master MEEF 1er et 2d degré à la Faculté d’éducation et à l’ESPE Languedoc-Roussillon.

Depuis 5 ans, elle mène également des actions de médiation auprès des enfants de 5 à 8 ans au sein de la médiathèque de Commensacq (40) et en partenariat avec l’école du RPI (Réseau Pédagogique Intercommunal).

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